C’est vers l’an 48 que sainte Marthe, venue de Palestine, arrive en Provence. Appelée par les habitants de Tarascon, elle délivre la ville d’un terrible monstre, la Tarasque, qu’elle apprivoise par la foi. Après cet acte fondateur, elle s’installe à Tarascon où elle consacre sa vie à l’évangélisation.
Cette tradition, profondément ancrée dans la culture locale, est confirmée par des témoignages anciens : dès 507, le roi Clovis attribue à sainte Marthe sa guérison miraculeuse, et en 962, une charte mentionne déjà l’église qui lui est dédiée — la seule à l’époque consacrée à « l’hôtesse du Christ ».
Des découvertes archéologiques viennent renforcer cette mémoire. Lors de fouilles en 1979, un tombeau creusé dans le rocher est mis au jour, entouré de vestiges d’une maison romaine. Les reliques retrouvées sont celles d’une femme méditerranéenne âgée, morte naturellement au 1er siècle — des éléments concordants avec la figure évangélique de Marthe.
Le sanctuaire connaît un tournant majeur en 1187, lors de la redécouverte officielle de ces reliques. Depuis, la collégiale devient un lieu de pèlerinage important en Provence. Louis XI y fonde un chapitre royal en 1482, réunissant chanoines, bénéficiers et musiciens, renforçant encore le prestige du lieu.
De grands saints et figures royales viennent s’y recueillir : saint Louis, sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, saint François de Sales, saint Vincent de Paul… jusqu’au futur pape Jean XXIII.
La collégiale Sainte-Marthe n’est pas seulement un édifice religieux : c’est un témoin vivant de la foi, de l’histoire et de l’attachement des Tarasconnais à leur sainte patronne.